
Je marche dans la campagne, cherchant un site; attendant un pressentiment. Dans le lieu que je choisis, rien de particulier ne se signale mais j'ai l'intuition qu'une harmonie peut m'y apparaître en peignant. Le travail commence.
Je me dis que peindre c'est aussi redonner de la fraîcheur aux apparences. Les montrer comme pour la première fois. En cherchant le juste ton sur ma palette, je suis soudain saisie par cette renaissance : Ah ! ce beau bleu ! On le dirait originaire. Il me procure une satisfaction enfantine. — Je cherche la couleur qui suscite la joie d'une nouveauté.
La manière dont les feuillages réagissent sous la pluie, dans une lumière grise ou assombrie, me renseigne et m'intéresse même lorsque je peins un paysage de grand beau temps. Car tout cela n'est jamais que l'expression de la lumière sur le même paysage, et des mille manières dont les ombres se côtoient, se détachent, se nuancent, disparaissent. Je me souviens de ce précieux conseil de West à Constable : "Rappelez-vous toujours que la lumière et l'ombre ne sont jamais immobiles".
Notes sur la peinture de paysage.- Marlyne Blaquart
BIOGRAPHIE DE Marlyne BLAQUART